Les Sept péchés capitaux
Otto Dix
179cm 120.5cm
1933
KunsthalleKarlsruhe@ZKM
Chefs-d’œuvre
Le malheur approche !
Un film d’horreur ! Au loin, une mer grise fouette les murs en ruine. Au premier-plan, un étrange cortège s’avance inexorablement vers nous. S’agit-il d’un carnaval ? D’une danse macabre ? Otto Dix peint Les Sept péchés capitaux en 1933, l’année de la prise de pouvoir du national-socialisme.
Face à l’horreur
À gauche, toute courbée, l’Avarice mène le cortège, sous la forme d’une sorcière chétive. L’Envie est assise sur son dos : un petit homme misérable portant un haut jaune vénéneux.
Derrière lui, un danseur, une faux à la main, porte un vêtement avec des os, l’habit de la mort. Un crapaud se blotti dans la plaie de son cœur, symbole de la Paresse.
À gauche de la mort, le monstre poilu incarne la Colère ardente, avec son poignard aiguisé, ses cornes et ses crocs.
La Luxure danse effrontément à droite, sous la forme d’une prostituée. Sa robe sauvagement agitée s’ouvre comme un vagin démesuré.
À côté, l’Orgueil dresse sa pauvre tête stupide.
En queue de peloton, la Gourmandise trébuche, chargée de bretzels et de saucisses.
La danse macabre
Otto Dix peignit cette série d’abominables vices selon la technique brillante des grands maîtres. Il s’est inspiré des danses macabres de la fin du Moyen-Âge. Mais il s’agit ici d’une situation actuelle : peu de temps auparavant, l’artiste avait été renvoyé de son poste de professeur à l’Académie des Beaux-arts de Dresde par le régime national-socialiste. Otto Dix avait déjà pensé à une composition sur les sept péchés capitaux, mais ce n’est qu’après coup, en 1947, qu’il y ajouta un détail notable : désormais, l’Envie porte la moustache d’Hitler !